DOSTOIEVSKI

CIMETIÈRES

Je veux voyager en Europe, Aliocha ; je veux sortir d’ici. Et pourtant je sais que je ne trouverai qu’un cimetière, mais c’est un très précieux cimetière, voilà ce que c’est ! Précieux sont les morts qui y sont couchés ; chaque pierre qui les recouvre parle d’un passé si ardent, d’une fois si passionnée dans leur œuvre, leur vérité, leur lutte et leur science que je sais que je tomberai à terre pour baiser ces pierres et pleurer sur elles. Et pourtant je suis bien persuadé dans mon cœur que depuis longtemps, il n’est plus rien qu’un cimetière.

Ivan à Aliocha – Dostoïevski

 

CONFLIT
La dynamique vivante du conflit va forcer les acteurs chez Dostoïevski à se mouvoir dans des orbites de plus en plus étroites jusqu’à ce qu’ils se confondent dans une explosion finale.

Steiner

 

 LE TEMPS

Dostoïevski tord et contracte le temps. Il le vide de ces intervalles de loisir qui peuvent modérer ou réconcilier.  Délibérément, il bourre d’action autant les nuits que les jours, de peur que le sommeil n’étouffe les rages ou ne dissipe les haines.

Steiner

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Il n’utilise pour ainsi dire jamais dans ses œuvres le temps historique et biographique relativement continu, c’est-à-dire le temps strictement épique ; il saute par-dessus et ramasse l’action aux pointas de crises, de cassures, de catastrophes, lorsque l’INSTANT, par sa signification intérieure, équivaut à un « billion d’années » autrement dit perd ses limites temporelles.

Mikhaïl Bakhtine

 

NADRYV

Expression largement employée par Dostoïevski pour désigner un état de souffrance, inventée, proche de l’hystérie et comportant une jouissance malsaine

Nina Gourfinkel

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