ISLAM

L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs.

Mahomet

ROBAIYAT DE OMAR KHAYYAM

Né vers 1040 près de la ville de Nichapour

Pour les incorrigibles obsédés de l’Islam, des vers de Khayyam

  • Bois du vin, car tu dormiras longtemps sous la terre, sans ami, sans femme. Je te confie un secret : les tulipes fanées ne refleurissent pas.
  • Tout bas, l’argile disait au potier qui la pétrissait : « Considère que j’ai été comme toi… Ne me brutalise pas ! »
  • La vie passe, rapide caravane ! Arrête ta monture et cherche à être heureux. Jeune fille, pourquoi t’attristes-tu ? verse-moi du vin ! La nuit va bientôt venir…
  • J’entends dire que les amants du vin seront damnés. Il n’y a pas de vérités, mais il y a des mensonges évidents. Si les amants du vin et de l’amour vont en enfer, le Paradis doit être vide.
  • J’ai vu hier, un potier qui était assis devant son tour. Il modelait les anses et les flancs de ses urnes. Il pétrissait des crânes de sultans et des mains de mendiants.
  • Le bien et le mal se disputent l’avantage ici-bas. Le Ciel n’est pas responsable du bonheur ou du malheur que le destin nous apporte. Ne remercie pas le Ciel ou ne l’accuse pas… Il est indifférent à tes joies comme à tes peines.
  • Quand je ne serai plus, il n’y aura plus de roses, de cyprès, de lèvres rouges et de vin parfumé. Il n’y aura plus d’aube et de crépuscules, de joies et de peines. L’univers n’existera plus, puisque sa réalité dépend de notre pensée.
  • Voici la seule vérité. Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d’échecs jouée par Dieu. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance un à un dans la boîte du néant.
  • Pauvre homme, tu ne sauras jamais rien. Tu n’élucideras jamais un seul des mystères qui nous entourent. Puisque les religions te promettent le Paradis, aie soin de t’en créer un sur cette terre, car l’autre n’existe peut-être pas.
  • Lampes qui s’éteignent, espoirs qui s’allument. Aurore. Lampes qui s’allument, espoirs qui s’éteignent. Nuit.

L’APPORT CIVILISATEUR DE L’ISLAM

Par les temps qui courent où on voit l’Islam présenté par d’aucuns incorrigibles et incultes comme une malédiction ou un fléau, le moment est venu de rappeler ce que fut son Âge d’or sans lequel les temps modernes ne seraient pas advenus.

Citons l’introduction au catalogue « l’Âge d’or des sciences arabes » publié par Actes Sud en 2005.

Il y a longtemps que l’Institut du monde arabe voulait consacrer une exposition aux sciences arabes en leur Âge d’or pour donner la mesure de cet étonnant phénomène de civilisation qui a intéressé les pays d’Islam entre le VIIIe et le XVe siècle.

« Ce que nous devons à cette culture scientifique qui a pris son essor à Damas, sous les derniers Omeyyades, puis à Bagdad, sous les premiers Abbassides, n’est pas seulement la connaissance exacte et raisonnée des choses, c’est aussi une grande leçon d’humanisme ou, si l’on veut, de philosophie appliquée. Ses débuts sont étonnants, avec une appropriation du savoir qui s’est opérée par la traduction massive des ouvrages érudits de l’Antiquité, la pensée d’Aristote et de Platon, les mathématiques de Diophante, d’Euclide et d’Archimède, l’astronomie de Ptolémée, la médecine d’Hippocrate et de Galien. La rigueur de la méthode, l’internationalisation de la communauté savante, l’adoption d’une langue unique comme outil de communication, le dépassement des clivages religieux au profit de la recherche, le goût de la science pure, tout concourt à la formation de cette culture arabe « classique » qui va assurer aux pays d’Islam un éclat sans égal au Moyen-Âge.

Cette culture scientifique qui s’élabore, en avance sur l’Occident latin, trouve le moyen de s’épanouir à l’intérieur des cadres sociologiques et culturels bien définis. Sans se séparer du religieux, elle revendique avec fierté les prérogatives de la raison. Laissons la parole à Sâ’îd al-Andalusî, un historien tolédan du XIème siècle : « La catégorie des nations qui a cultivé les sciences forme l’élite et la partie essentielle des créatures d’Allâh. Ces nations, en effet, ont tendu à acquérir des vertus de cette âme raisonnable qui fait l’espèce humaine et corrige la nature. »

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