STEINER

Comment faut-il lire suivant George Steiner (professeur de littérature comparée à Cambridge)

  1. Ce n’est qu’en silence, un silence le plus total possible, qu’on peut lire une page de Pascal, de Baudelaire, de Proust…
  2. Il faut un certain espace privé. Dans la maison, une chambre, même petite où l’on peut être avec le livre, où l’on peut avoir ce dialogue sans que d’autres soient dans la chambre.
  3. Il faut « avoir des livres ». Les grandes bibliothèques publiques ont été le fondement de l’éducation et de la culture pour le XIXème siècle et pour beaucoup d’esprits du XXème. Mais avoir une collection de livres qui sont à vous, dont on est possesseur, qui ne sont pas empruntés est crucial. Pourquoi ? Parce qu’il faut absolument avoir un crayon à la main.
  4. Il faut prendre des notes, il faut souligner, il faut se battre contre ce texte, en écrivant en marge : Quelles bêtises ! Quelles idées !… C’est un dialogue vivant.

JUIF

Avant toute chose, être Juif dans la seconde partie du siècle, c’est être un survivant, et savoir que cette survie peut être remise en question.

Steiner

Saint Paul – Epître aux Romains (9-12)

(L’impossible binôme judéo-chrétien)

George Steiner qualifie ce document précoce comme le plus inspiré de tous les documents dans l’histoire de la haine de foi juive. C’est dans ce texte fantastiquement chargé, écrit cet éminent philosophe, opaque, schizophrène par moment, et dans l’immense volume de développements et d’interprétations qu’il a suscité, que nous trouvons les sombres fonts baptismaux de la tragédie interminable que fut la coexistence judéo-chrétienne, ou plutôt la tentation à laquelle la chrétienté était logiquement destinée, de mettre fin à cette coexistence.

SOCRATE

Je me suis toujours demandé pourquoi Socrate n’était pas juif.

Steiner

 *

L’Europe est peut-être fatiguée de ses deux mille ans d’histoire. Pourquoi se remettrait-elle des deux guerres mondiales, des tueries de la Première aux massacres de la Seconde ? Dans le passé des empires immensément doués ont disparu ! Et puis, il est possible que les cultures qui tuent leurs juifs ne revivent pas.

Steiner

 *

Nulle lumière finale, nulle empathie d’amour ne révèle le labyrinthe de l’intériorité d’autrui.

Steiner

LA CULTURE AUSTRO-HONGROISE

Selon Steiner il y aurait un grand livre à écrire. Il montrerait que le XXème siècle tel que nous l’avons vécu à l’Ouest est, à certains égards essentiels, un produit d’exportation austro-hongrois. Nous menons notre vie intérieure dans un paysage arpenté par Freud et ses disciples ou ses dissidents ou en conflit avec lui. Notre philosophie est la place centrale que nous assignons au langage dans l’étude de la pensée dérivant de Wittgenstein et de l’école viennoise du positivisme logique… Le roman se partage pour l’essentiel entre deux pôles : la narration introspective et l’expérimentation lyrique  – définis par MUSIL et BROCH. Notre musique subit deux grands courants : celui de Bruckner, Mahler et BARTOK, d’un côté et celui de SCHOENBERG, Alban BERG et ANTON WEBERN de l’autre.

SENTIMENT OCEANIQUE

Le sentiment océanique de Koestler se focalisait sur la conscience toujours plus profonde, qu’il y avait « là » des présences psychiques, des énergies ordonnatrices de type transcendant, encore inaccessibles dans leur force occulte, mais susceptible d’être approchées, ou à certains égards discernables à la lisière de notre perception et de notre conscience empirique.

Steiner sur Koestler

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